CÉRÉMONIE DES VŒUX À TERRE D’OPALE HABITAT : DISCOURS DE M. RYCKEBOER

CÉRÉMONIE DES VŒUX À TERRE D’OPALE HABITAT : DISCOURS DE M. RYCKEBOER

Bonjour à tous,

Je suis très heureux de vous retrouver ici pour cette cérémonie traditionnelle des vœux de Terre d’Opale Habitat.

Voici 6 ans que je suis Directeur général de Terre d’Opale Habitat. Lors des vœux l’an dernier, j’avais exposé le changement radical dans le fonctionnement, dans les méthodes, dans les objectifs de la politique du logement social et nous n’avons pas été déçus.

En effet, la loi ELAN comme la taxation sur la réduction de l’APL, ont été des événements majeurs.

Dans le cadre de ce nouveau paysage législatif, je vous propose le nouveau pacte pour la politique économique et sociale que je souhaite mettre en œuvre afin de remettre au cœur du projet d’entreprise notre vocation essentielle que représente le logement.

Tout ceci dans le but de donner corps à la solidarité et incarner les principes républicains – liberté, égalité, fraternité.

Un pacte qui ait aussi le souci de moderniser et d’innover tous les outils à notre disposition.

Ce pacte doit assumer toutes les dimensions du logement social : les valeurs fondamentales qui le constituent et sa force émancipatrice qui donne à chacun les moyens de mieux comprendre ses droits et devoirs et d’agir sur soi, parce que le logement n’est pas seulement, pas toujours, un bien comme un autre, il est vital – il est l’expression de la cellule familiale, qui est un enjeu majeur d’autonomie et de bien-être pour les citoyens.

C’est aussi accueillir des habitants venus de tout le territoire et qui trouvent ici un accueil chaleureux mais surtout de l’accompagnement, du soutien, une entreprise humaine. Nos logements et la politique solidaire que je mène, assument aussi pleinement leur réalité économique et productive.

J’ai voulu, en 2012, engager des réformes dans la concertation, en discutant, en négociant avec les professionnels, avec l’ensemble des acteurs du monde du logement social, avec les organisations représentantes des locataires et les habitants, c’était indispensable pour inscrire nos politiques économiques et sociales dans la réalité du XXIème siècle. Tout en répondant à des exigences de transparence dans les méthodes, d’égalité entre les territoires et les citoyens et de dialogue avec les professionnels et les élus.

Nous avons fait preuve collectivement d’un grand sens de la responsabilité face aux enjeux budgétaires qui ont traversé notre entreprise et qui impliquent un changement de paradigme. Ce changement doit être assumé, revendiqué. Non, Terre d’Opale Habitat ne sera jamais une entreprise avec une gestion hasardeuse. La culture de notre entreprise est une chance et un atout, une force pour le territoire et nos partenaires. Il n’y a pas de redressement productif sans redressement créatif.

La culture de Terre d’Opale Habitat, donne une illustration des trois axes du redressement qu’elle a opéré et qu’elle va continuer à exercer : l’excellence, ses choix de gestion et sa culture d’entreprise. Elle est attractive pour les jeunes générations. Et à l’heure où beaucoup s’interrogent sur la confiance des français en l’avenir, à l’heure où montent parfois des sentiments de défiance et l’esprit du ressentiment, les valeurs de Terre d’Opale Habitat donnent du sens et renforcent notre sentiment d’appartenance à une communauté humaine, de citoyenneté. A travers nos actions on échange et on partage. À l’impartialité d’un système réglementaire, appelle un autre, celui des professionnels de notre entreprise, qui ne sont pas dans une position passive mais dans la construction et l’interprétation du sens et de l’écho qu’il va trouver en lui pour mener à bien toutes nos missions.

Aujourd’hui, je veux présenter devant vous les avancées qui ont été menées, les chantiers engagés et à venir. Je veux aussi rappeler, illustrer, que Terre d’Opale Habitat agit utilement et qu’il est porteur d’une vision renouvelée du logement social.

D’abord parce que, comme je vous l’ai dit, le logement est une force économique. 

Cet atout de Terre d’Opale Habitat n’avait jamais été mesuré précisément. Nous avions peut-être des scrupules à parler le langage de l’économie. Nous en avions pourtant besoin pour répondre aux arguments de certains détracteurs des politiques sociales qui remettaient en cause le bien-fondé, l’efficacité et la pertinence de notre modèle économique.

Ce travail démontre que la plus-value sociale qui se concrétise dans la création de richesses sur notre territoire, c’est-à-dire près de 20 millions d’euros investis chaque année. Par valeur ajoutée, j’entends bien la richesse créée puisque si on prend l’ensemble de la production d’entretien et de construction cela représente un budget de 62 millions d’euros par an. Pour vous donner un ordre de grandeur, c’est près de 2000 emplois soutenus dans les entreprises.

C’est un chiffre tout à fait remarquable.

Cet investissement n’est pas vain, il est au contraire extrêmement fructueux. Cela nous permet de couper court aux propos de ceux qui veulent faire du logement un luxe, un supplément d’âme, quelque chose dont on pourrait se passer en période de crise. L’Europe a trop souvent tendance à ne pas regarder quels sont ses atouts et quelles sont ses forces. Le logement social et les entreprises qui en assurent la mise en œuvre sont des industries créatives avec des atouts tout à fait inestimables.

Nous rappelons à travers notre action quotidienne, le poids du logement solidaire dans les politiques territoriales puisque nous pouvons mesurer avec précision l’impact des investissements, à travers un focus qui sera mis en lumière à travers le film qui vous sera projeté après mon discours. On y voit que l’impact positif de l’investissement n’est pas seulement le fait des grandes métropoles : plus le territoire est en difficulté et marginalisé et plus l’impact d’une entreprise comme la nôtre est sensible.

C’est donc tout naturellement aussi sur les territoires que je veux valoriser cet atout.

Nous avons, dans chacune de nos villes, une singularité qui fait son attractivité. Il y a un an, j’avais souhaité la mise en place d’une relation nouvelle avec les collectivités territoriales. Parce que le logement n’est pas une compétence exclusive de l’État – d’ailleurs cela ne l’a jamais été. C’est par excellence une compétence partagée, un champ d’intervention intimement lié à l’exercice même de la démocratie, donc de la participation citoyenne, et ce à tous les niveaux. L’efficacité de notre action commune se nourrit de la convergence entre les différents niveaux de territoiresentre les partenaires publics et les partenaires privés.

La relation entre Terre d’Opale Habitat et les collectivités locales n’a jamais cessé d’évoluer depuis plus de 99 ans, et elle continuera de le faire. Même si parfois, certains, à l’échelle régionale, prétendent que l’essentiel des dépenses en matière d’investissement est de leur fait, la réalité des chiffres est tout autre : c’est Terre d’Opale Habitat qui investit, et qui investit le plus avec plus de 9 millions par an, dans l’économie locale. Ce sont principalement les entreprises locales qui en bénéficient car ce sont des travaux non délocalisables.

Ma conviction forte, c’est que la présence de Terre d’Opale Habitat, partout sur les territoires, est absolument essentielle pour pouvoir mener une politique économique forte, ambitieuse et une politique sociale qui respecte ce souci d’égalité entre les citoyens et les territoires. La présence des services de notre entreprise, reconnus pour leur compétence sur tous nos territoires, est donc une condition indispensable à la mise en œuvre de cette politique locale soucieuse de préserver l’intérêt général, veillant à l’équité, à la justice, au développement équilibré des locataires dans notre patrimoine.

C’est sans renoncer à aucune de ces missions que je m’inscrirai dans le nouveau temps de regroupement et rapprochement que le gouvernement a écrit dans la loi ÉLAN. Je sais que cette loi est regardée avec inquiétude par certains en raison d’une des dispositions qu’elle comporte sur l’obligation de déléguer à un groupe, certaines de nos compétences.

Si certains voient dans cette disposition une inquiétude, je veux les rassurer : je poursuivrai, en 2019, mon action en faveur d’une présence de notre entreprise, aux côtés de nos futurs partenaires et des collectivités territoriales, dans un dialogue qui a toujours été fécond et excellent depuis le début de mon action.

L’atout économique et social de Terre d’Opale Habitat sur les habitants et entreprises, c’est aussi la mesure de son influence dans le Calaisis et dans la région.

Nous avons, là encore, dans un contexte en mouvement, avec l’émergence de nouvelles entités qui investissent toutes massivement dans le logement social, une multiplication de l’offre d’hébergement. Nous devons donc rester offensifs pour maintenir et développer notre influence, pour promouvoir notre vision qui fait la grandeur et l’excellence de notre entreprise.

En ne renonçant à rien, en exprimant avec force nos convictions, dans le but d’entraîner avec nous plusieurs de nos futurs partenaires, dans un beau mouvement collectif avec l’appui massif de vous tous, des professionnels avec qui nous souhaitons remporter un magnifique combat. C’est le combat pour l’exception de Terre d’Opale Habitat dans le cadre du projet d’accord de la loi ÉLAN, de continuer à défendre et à promouvoir la diversité de sa création et l’objectif de toucher le plus large public.

Ces victoires-là sont donc tout à fait décisives pour nous permettre, non pas de veiller sur un modèle défensif avec une mentalité de replis, mais, au contraire, pour montrer que notre modèle peut s’adapter, se moderniser sans cesse et qu’il est pertinent face aux risques de concentration et donc d’homogénéisation que peut faire courir le risque de rapprochement à travers ces grandes entreprises nationales qui ont tendance à s’installer en position ultra-dominante.

C’est pour poursuivre ce travail et cet élan salués par l’ensemble de nos partenaires que 2019 sera une année décisive dans la transition de notre histoire.

Nous serons dans une période où on reviendra sur le devant de la scène avec les discussions et négociations. Ce sera donc un excellent moment pour réaffirmer la nécessité d’avoir une ambition partagée forte pour notre avenir. Pour reconstruire la dynamique et l’ambition à travers la construction d’une politique partagée à l’échelle d’un futur groupe.

Il fallait aussi pouvoir identifier et valoriser dès aujourd’hui le patrimoine présent pour pouvoir mieux le protéger et le valoriser demain. Il fallait avoir de plus en plus de qualité architecturale et énergétique dans nos projets. Permettre aussi à nos clients d’être autant soucieux de leur bien-vivre ensemble sans pour autant nuire à leur sécurité.

Avec cette réflexion sur le patrimoine, ce sont des verrous que nous allons faire sauter pour une politique patrimoniale moderne, simplifiée, efficace et plus proche des Locataires.

Faire entrer l’action de nos politiques de gestion dans le 21ème siècle, c’est moderniser et adapter nos outils, mais c’est aussi les ouvrir aux modalités de la création d’aujourd’hui et de demain, aux nouveaux modes de diffusion de l’offre locative mais surtout aux pratiques et aux usages innovants.

Alors quels sont ces usages innovants ? Je pense par exemple aux différents labels et process innovants qui permettent justement de tracer des pistes pour une politique nouvelle des usages qui permettent à travers notre organisation d’être au plus proche de nos clients.

Mon ambition, c’est d’accompagner nos locataires pour qu’ils constituent, chacun à leur manière, un « capital de satisfaction  », un capital qui permette au plus grand nombre de se repérer dans la multiplicité de l’offre, de maîtriser les outils innovants et d’en exploiter avec discernement toutes les possibilités. Il ne doit pas y avoir d’appréhension. La technologie en soi n’est rien si on n’en fait pas un usage et si l’on ne s’en sert pas pour quelque chose.

C’est donc cela mon objectif : montrer que les nouveaux services sont pertinents quand ils permettent d’avoir un élargissement de son propre capital de satisfaction.

La révolution des services locatifs doit être une révolution créative et humaine.

Dans cette perspective, qu’ils ont toujours joué un rôle majeur dans l’accès de tous les publics aux connaissances de leurs droits et aux offres de services dont ils peuvent bénéficier ils sont notre arme la plus efficace contre la fracture sociale, et il m’importe que 2019 accélère la mutation vers ces nouveaux usages.

J’ai beaucoup parlé de proximité de 2013, à 2018.

2019 sera l’année des nouveaux services.

Répondre aux nouveaux besoins, c’est, pour les salariés, les enjeux de demain. Permettre un accès lorsque tous les publics sont disponibles, même si j’ai pleinement conscience de l’ambition que cela représente. Répondre aux nouveaux usages, et c’est mon souhait pour 2019,  c’est voir évoluer les agences et nos services vers un service de proximité innovant. 

Pour permettre à tous de mieux “circuler” dans l’information, c’est-à-dire d’être orienté, informé, accompagné au foisonnement des informations et des aléas du quotidien. Nos pratiques et valeurs doivent être ouvertes à ces nouveaux usages, à tous ces publics, ouvertes au maximum de gens en un maximum de temps. C’est en ce sens que Terre d’Opale Habitat peut être un outil pilote dans ces nouveaux usages. Elle aura donc pour mission de travailler en ce sens avec l’ensemble de ses collaborateurs.

Faire entrer notre politique du logement dans le XXIème siècle, c’est aussi faire place à de nouveaux talents, aux nouvelles écritures et aux mutations pour un renouvellement des publics et de la création.

C’est ce qui a présidé au vaste mouvement de nomination et mutation que j’ai pu mener depuis mon arrivée. Et c’était absolument vital ! Et avec détermination et conviction, de faire le choix résolu du renouvellement et de l’ouverture. L’OPH, en avait grandement besoin !

Je suis particulièrement fier du bilan de ces évolutions, et j’invite ceux qui ont pu porter un regard critique à tel ou tel moment à regarder le bilan de ces changements, nominations et de regarder les visages de nos collaborateurs qui aujourd’hui sont les acteurs de cette réussite et collaborateurs de Terre d’Opale Habitat. Cette nouvelle génération qui va continuer de travailler avec les anciens pour apporter le renouvellement dont se sont toujours, décennies après décennies, enorgueillies la création, la diffusion, la formation dans le logement. J’ai donc voulu ouvrir les portes.

Ce mouvement d’évolution se poursuivra avec la même volonté d’ouverture, la même transparence dans les procédures et la même exigence, qu’il s’agisse des services locatifs ou des actions labellisées dans le secteur de la gestion locative ou du patrimoine comme dans celui de la gestion de l’entreprise. A chaque fois, le processus est simple : les équipes présentent leur projet aux salariés concernés et à leurs équipes, et après validation on met en place le challenge.

Ancrée dans le XXIème siècle, ouverte aux évolutions et armée d’outils adaptés et rénovés, Terre d’Opale Habitat est de retour.

C’est pleinement conscient des enjeux d’aujourd’hui que sont les nôtres et des exigences budgétaires dans notre contexte d’équilibre des finances, que j’ai voulu, par mes choix et les chantiers que j’ai engagés depuis mon arrivée, redonner tout leur sens aux missions de cette belle entreprise. 

Loin des chimères qui avait fini par l’étouffer, loin des renoncements à combattre les inégalités, loin des hypocrisies qui avait dressé ces dernières années un rideau de fumée recouvrant plus ou moins pudiquement l’absence d’attention portée non seulement au monde d’aujourd’hui mais aussi à ce qui, à mes yeux, qui reste et doit rester l’objectif de toute politique du logement : le service au profit de nos locataires. 

La mission de service à nos publics est au cœur de mon action. Pour donner à chacun la possibilité d’être de véritables acteurs de la vie sociale de notre entreprise.

Le logement social n’est pas une occupation pour perdre son temps lorsqu’on n’a rien de mieux à faire. Son utilité est essentielle, c’est un bouleversement intérieur, social.

Nous devons mettre en œuvre des politiques innovantes en direction des personnes en situation de handicap, en direction des personnes du champ social. Parce-que le logement est un facteur d’inclusion, de citoyenneté mais aussi une arme de lutte contre les discriminations, contre l’exclusion.

Le logement, c’est aussi la politique en direction de la jeunesse. J’en ai fait ma priorité en arrivant ici.

La jeunesse, c’est la construction de logements et d’une résidence étudiante, d’un label permettant de prendre son indépendance et de prendre pied dans la vie professionnelle.

Nous devons renforcer le réseau de nos écoles et faire de l’éducation artistique et culturelle notre priorité. Je le répèterai aussi longtemps que je serai là. Le chemin de l’égalité des chances pour tous, passe par des politiques ambitieuses en matière d’éducation. Nous y veillons, et soutiendrons toujours les collectivités qui choisissent les mêmes ambitions.

Cette politique se fait bien sûr avec les collectivités territoriales. J’ai fait le choix, résolu, d’accompagner ces collectivités, en particulier celles de notre territoire au contraire de ceux qui vont chercher leur salut à l’extérieur.

Je souhaite mettre l’accent sur le monde du travail et les entreprises. C’est une politique qui s’inscrit de manière positive dans le monde de l’entreprise. Chacun d’entre nous passe un temps important de sa vie sur son lieu de travail. La satisfaction dans l’espace du travail peut contribuer à apporter un bien-être et des valeurs nouvelles, de l’innovation et une démarche plus collective, un véritable dialogue et un partage pour le renouvellement du lien social. Je crois en la capacité d’améliorer l’environnement de travail de nos collaborateurs pour leur permettre d’être plus performant.

2019 sera donc l’année de « l’entreprise à l’œuvre », un programme de travaux dans l’entreprise. Ce programme sera lancé avant juin prochain.

Quand je parle de l’entreprise,  je pense bien sûr d’abord à ceux qui y travaillent, les salariés, pour qu’ils puissent avoir accès à une qualité de travail alors même que leur rythme de vie ne leur permet pas toujours de dégager du temps pour du bien-être.

J’invite maintenant tous les salariés à se joindre à l’opération “l’entreprise à l’œuvre” qui sera renouvelée tous les ans et qui prendra en compte vos réflexions et évolutions internes.

Cette volonté qui accompagne des projets partout sur notre territoire, doit se faire en bonne intelligence et dans un esprit de confiance avec la direction générale.

Voilà, Mesdames et Messieurs, les objectifs que j’ai fixés pour Terre d’Opale Habitat en 2019.

Ils sont très ambitieux. Parce-que comme je vous l’ai dit nous sommes fiers de notre entreprise. Nous avons une vision positive, dynamique de notre avenir. Cette fierté ne repose pas sur une ambition rabougrie, ni sur un folklore quelconque mais bien sur une vision d’ouverture, de dialogue avec l’autre, d’échange et d’accueil, de croisement des idées.

Notre passé est notre histoire. Une histoire dont nous sommes les légataires, une histoire qui nous inspire pour construire un avenir confiant, qui aborde les mutations avec sérénité et créativité.

Je vous remercie.